juil 9 2009

Logiciel libre : Droite ? Gauche ? Tout droit !

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J’ai (encore) lu un article sur Framasoft dans lequel il est question de logiciel libre et de politique. Bon déjà l’idée de comparer les deux est un peu saurgrenue, mais dans la mesure où les décisions politiques peuvent grandement influencer l’adoption du LL — et pas que dans les administrations — , pourquoi pas.

Alors que le titre pose la question « le logiciel libre est il politiquement de gauche ?  » l’article quant-à lui ne laisse plus aucun doute sur les orientations politiques de son auteur. Soit. Mais essayons d’approfondir la question.
C’est vrai qu’au premier abord les notions de partage, de mise en commun inhérentes au logiciel libre ont une forte dominante communiste. Mais le LL réponde également, et de la manière la plus cruelle, à la loi du marché : un programme inutile (redondant, mauvais, n’apportant aucune valeur ajoutée, …) aussi libre soit il ne rassemblera jamais autour de lui une communauté importante d’utilisateurs et de développeurs, voire tombera purement et simplement dans l’oubli.

Ce que je n’aime pas dans les politiques de gauche, c’est qu’il faut forcément à un moment prendre à quelqu’un (qui ne veut/peut pas forcément donner) pour donner à quelqu’un d’autre (qui n’en a pas forcément besoin), sous prétexte qu’il répond à certains critères. Je trouve cela d’une injustice absolue, et que les partisans de gauche se posent comment les « gentils » dans cette histoire m’horripile encore plus. Ce que j’aime dans le logiciel libre c’est que chacun apporte sa pierre à un édifice commun, volontairement. Les participants donnent ce qu’ils veulent, dans la mesure de leurs possibilités, pour créer quelque-chose. Il y a là une réelle valeur ajoutée, pas une valeur extirpée par la contrainte d’un salaire — vision de droite — , ou d’une taxe — vision de gauche. Et c’est précisément cela qui fait la force du libre : la motivation des participants, qui croient en leur projet, et qui ne sont pas juste motivés par l’argent qu’ils en retirent.

Tiens, l’argent justement, un peut trop évoqué à mon goût quand il s’agit du logiciel propriétaire et pas assez quand vient le tour du libre. Est-il besoin de rappeler que libre n’est pas synonyme de gratuit ? Bien que la plupart des logiciels libres — et grand public — soient gratuits, leur liberté ne vient pas de ler gratuité, mais des possibilités de modification et de rediffusion qui sont offertes. N’oublions pas qu’il existe énormément de logiciels propriétaires gratuits (freewares, à la différence de free software), mais ne sont ni modifiables (non mise à disposition des sources), ni redistribuables sans l’accord expresse de leur éditeur.

Finalement, j’aimerai qu’une fois pour toutes, les libristes de gauche arrêtent d’associer leur point de vue politique à l’idéologie du libre. Si les politiques veulent prendre position en faveur ou contre le libre, c’est leur choix, et même si plus de politique dit « à gauche » promeuvent le libre que de politiques « à droite » et ça reste à prouver — l’association des formations centristes aux formation de gauche dans la liste de l’article de Framasoft me fait doucement rire — on ne peut qu’applaudir et encourager le mouvement, l’important étant la communication faite autour du libre.


Crédit photo Georg Bahlon.


sept 19 2008

Les OGM : OMG !

Au mois de mars Tristan, invitait à regarder « Le Monde selon Monsanto » un documentaire sur la première entreprise agro-alimentaire productrice d’OGM au monde, et ses méthodes plus que douteuses..

Suite à cet article un « réponse » à été postée sur le blog de Serge, où il est expliqué par un scientifique, Jean-Claude Bregliano, en une dizaine de pages, clairement et simplement, en quoi consistent les manipulations génétiques, quels sont leur enjeux, etc. Plus important, et contrairement au documentaire Le Monde selon Monsanto, il est clairement fait la distinction entre la technique de production (ce qu’est un OGM, et pour lesquels je suis plutôt favorable) et les méthodes de commercialisations de ceux-ci par les entreprises comme Monsanto (qui sont plus que condamnables).

Je vous laisse le soin de vous procurer la vidéo, en ce qui concerne l’article, vous pouvez le consulter en ligne ou le télécharger.


sept 2 2008

Siné, qua non

Aujourd’hui pas de recette de cuisine, pas de geekerie, bien qu’une soit en préparation, un sujet sérieux et politique. Ce n’est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière. J’aimerais que ça soit un peu plus fréquent (ou pas, parce qu’en général ce sont pour des choses qui m’asticotent fortement).

Plantons le décor. Au début du mois dernier Siné, un caricaturiste travaillant (alors) pour Charlie Hebdo publie un dessin qui fut à l’origine d’un polémique invraisemblable, la création d’une pétition demandant son renvoi et qui a servi de prétexte conduit à son renvoi. Il faut dire que le sujet, Jean Sarkozy, était croustillant et que les noms des signataires de la pétition pour le renvoi n’étaient pas moins people, avec notamment BHL.

Voici les mots qui sont à l’origine de cette histoire :

Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !

J’aimerai qu’on me dise ce qu’il y a d’antisémite la dedans ! Bon que Jean Sarkozy veuille se convertir est apparemment faux — entre nous, il y a pire comme accusation — mais que sa fiancée soit juive et à la fois héritière est un fait et je ne vois pas là, matière à polémique…

Un début d’explication est donné dans un texte publié sur Mon pays va mal !, sur lequel je suis tombé totalement par hasard et qui reflète totalement ce que je pense sur le sujet. J’en cite ici la conclusion :

Qu’on ne se méprenne pas : mon but n’est pas de rendre convenable ce qui ne l’est pas. L’antisémitisme est quelque chose de grave, qui doit être condamné. Mais dénaturer l’antisémitisme, en faisant passer pour antisémite ce qui ne l’est pas, est l’un des plus graves préjudice qui puisse être fait aux Juifs. Certes, l’Histoire des Juifs, persécutés au long des siècles, jusqu’à l’indicible — la Shoah —, rend le sujet sensible. Mais c’est en les singularisant ainsi, en leur offrant une condition particulière, que l’on crée les conditions pour que cette situation perdure.

Pour finir, et comme je ne parviens pas à trouver d’image de l’article en question, voici une petite note sur la religion, qui rejoint ce que je pense, c’est-à-dire oui à la spiritualité mais non à la religion.

La raligion vu pas Siné


mar 13 2008

Libriste de droite

Suite à l’article publié sur le Framablog mettant en relation le monde des logiciels libres et la citation de Nicols Sarkozy suivante : « Parce que je pense qu’il faut créer des richesses avant de les partager », j’ai posté un commentaire et comme ce dernier est bien plus long que ce que j’avais pensé au départ, j’ai décidé de le re-publier ici (je l’ai un peu remanié pour le faire correspondre au format billet).

Ce qui est amusant c’est que Tristan Nitot (président de Mozilla Europe) a publié un billet similaire sur son blog quelques jours auparavant… et que je l’avais mis dans ma liste d’articles “à lire à tête reposée”.

Pour re-situer le contexte que réponds donc au billet de aKa, qui pose en conclusion la question : Et si, parfois, la richesse d’une création venait avant tout de son partage ?

Dans le cas de Wikipedia, ce sont les connaissances des utilisateurs qui sont la richesse à partager. Wikipedia (le site) n’est que le moyen mis à disposition pour effectuer ce partage. Par ailleurs, les connaissances qui y sont partagées on bel et bien été crées avant leur publication sur Wikipedia.

De même pour un projet de logiciel libre, il faut une idée de départ, originale de préférence. C’est cette idée qui constituera alors la richesse du projet (sa valeur ajoutée). Elle évoluera bien évidemment au fil des apports de la communauté. Mais ces apports ne sont rien d’autre que des idées originales, qui ont germé dans l’esprit de leurs créateurs avant qu’il puissent la partager. Car sans idée de départ pas de projet possible.

Je pense donc qu’il faut créer des richesses pour pouvoir les partager, et que les richesses ne proviennent pas du partage, mais de ceux qui partagent.

En revanche la force du libre est bien évidemment son côté collaboratif. Contrairement à un projet fermé, n’importe qui peut apporter ses richesses (idées) au projet de son choix. Dans son billet aKa dis : « GNU/Linux sans le partage aurait tout simplement perdu toute sa richesse », je pense plutôt qu’il aurait perdu la richesse qu’ont su apporter les contributeurs. Ce n’est pas le partage en lui même qui fait la richesse d’un projet, ce sont les idées qui sont partagées (réunissons un bande d’incompétents, mettons les sur un projet a priori intéressant, et voyons s’il en ressort quelque chose).

L’un des principes du libre est la méritocratie, plus on participe et correctement à des projets libre, plus on est rémunéré (par forcément financièrement, il y a le plaisir de participer à un projet qui nous tient à cœur, la reconnaissance de la communauté, etc.). J’irai donc jusqu’à dire que cela rejoint une autre idée de notre président : « Travailler plus pour gagner plus ».

Et c’est une des choses que je trouves fascinantes dans le libre, c’est qu’on peut aussi bien le voir comme politiquement à gauche, comme à droite. Chacun peut donc s’y retrouver, et c’est, je crois, un force de plus à son crédit.