Logiciel libre : Droite ? Gauche ? Tout droit !
J’ai (encore) lu un article sur Framasoft dans lequel il est question de logiciel libre et de politique. Bon déjà l’idée de comparer les deux est un peu saurgrenue, mais dans la mesure où les décisions politiques peuvent grandement influencer l’adoption du LL — et pas que dans les administrations — , pourquoi pas.
Alors que le titre pose la question « le logiciel libre est il politiquement de gauche ? » l’article quant-à lui ne laisse plus aucun doute sur les orientations politiques de son auteur. Soit. Mais essayons d’approfondir la question.
C’est vrai qu’au premier abord les notions de partage, de mise en commun inhérentes au logiciel libre ont une forte dominante communiste. Mais le LL réponde également, et de la manière la plus cruelle, à la loi du marché : un programme inutile (redondant, mauvais, n’apportant aucune valeur ajoutée, …) aussi libre soit il ne rassemblera jamais autour de lui une communauté importante d’utilisateurs et de développeurs, voire tombera purement et simplement dans l’oubli.
Ce que je n’aime pas dans les politiques de gauche, c’est qu’il faut forcément à un moment prendre à quelqu’un (qui ne veut/peut pas forcément donner) pour donner à quelqu’un d’autre (qui n’en a pas forcément besoin), sous prétexte qu’il répond à certains critères. Je trouve cela d’une injustice absolue, et que les partisans de gauche se posent comment les « gentils » dans cette histoire m’horripile encore plus. Ce que j’aime dans le logiciel libre c’est que chacun apporte sa pierre à un édifice commun, volontairement. Les participants donnent ce qu’ils veulent, dans la mesure de leurs possibilités, pour créer quelque-chose. Il y a là une réelle valeur ajoutée, pas une valeur extirpée par la contrainte d’un salaire — vision de droite — , ou d’une taxe — vision de gauche. Et c’est précisément cela qui fait la force du libre : la motivation des participants, qui croient en leur projet, et qui ne sont pas juste motivés par l’argent qu’ils en retirent.
Tiens, l’argent justement, un peut trop évoqué à mon goût quand il s’agit du logiciel propriétaire et pas assez quand vient le tour du libre. Est-il besoin de rappeler que libre n’est pas synonyme de gratuit ? Bien que la plupart des logiciels libres — et grand public — soient gratuits, leur liberté ne vient pas de ler gratuité, mais des possibilités de modification et de rediffusion qui sont offertes. N’oublions pas qu’il existe énormément de logiciels propriétaires gratuits (freewares, à la différence de free software), mais ne sont ni modifiables (non mise à disposition des sources), ni redistribuables sans l’accord expresse de leur éditeur.
Finalement, j’aimerai qu’une fois pour toutes, les libristes de gauche arrêtent d’associer leur point de vue politique à l’idéologie du libre. Si les politiques veulent prendre position en faveur ou contre le libre, c’est leur choix, et même si plus de politique dit « à gauche » promeuvent le libre que de politiques « à droite » et ça reste à prouver — l’association des formations centristes aux formation de gauche dans la liste de l’article de Framasoft me fait doucement rire — on ne peut qu’applaudir et encourager le mouvement, l’important étant la communication faite autour du libre.
Crédit photo Georg Bahlon.

